Les Espèces Exotiques Envahissantes

(EEE)

La présence d’Espèces Exotiques Envahissantes (EEE) en outre-mer et leurs impacts négatifs sur la faune et la flore font l’objet de programmes importants de prévention et de contrôle. A ce titre, une stratégie de prévention et de lutte contre les EEE aux Antilles françaises est lancée depuis 2009, ce projet est coordonné par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). De plus, la lutte contre les EEE fait partie des six priorités de la Stratégie Européenne 2020 pour la Biodiversité. [Ajouter un lien]

Parmi les différentes EEE présentes en Martinique on retrouve, le rat noir, la mangouste, la tortue de Floride, l’iguane vert, la jacinthe d’eau, le poisson lion. Certaines de ces espèces font l’objet d’études visant à déterminer leurs impacts réels sur la faune et la flore et/ou de programmes de contrôles. Certaines EEE peuvent contribuer à la diminution ou à l’extinction d’espèces menacées et influencent de façon négative les efforts de conservation d’espèces protégées comme la sterne de Dougall, les tortues marines, etc.

 

Quelques mesures de prévention et de contrôle appliquées en Martinique

Dératisation à Sainte-Marie et au Robert

Le rat noir peut impacter la reproduction de l’avifaune. En ce qui concerne le rat noir, le PNRM mène avec ses partenaires des actions de dératisation afin de limiter la prolifération du rat noir sur les sites de reproduction de la sterne de Dougall à Sainte-Marie et au Robert. Les actions de dératisation sont conduites sur les îlets de Sainte-Anne avec pour objectif la protection des sites de nidification de l’avifaune présente sur ces îlets.

 

Contrôle des espèces à caractère invasif

La mangouste et la tortue de Floride font également l’objet d’une attention particulière. Le Conseil Scientifique Régional pour le Patrimoine Naturel (CSRPN) a prononcé un avis positif en 2013 à la rédaction d’un arrêté préfectoral de destruction qui concerne entre autre la mangouste et la tortue de Floride. Cet arrêté permettra la mise en œuvre d’actions spécifiques pour le contrôle de ces espèces à caractère invasif.

La mangouste a un impact avéré notamment sur la reproduction de l’avifaune et des tortues marines. Des actes de prédation de nids de tortues marines par les mangoustes ont été observés en Martinique.

Un recensement des populations de la tortue de floride est actuellement en cours en Martinique afin d’évaluer le réel impact de ce reptile sur la faune aquatique. Ce programme est mené entre autres par la Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et au Logement et la SNHN.

 

 Lutte contre la prolifération de la jacinthe d’eau

La jacinthe d’eau est une espèce aquatique à croissance rapide. La jacinthe d’eau prolifère en masse sur les plans d’eau, filtre la lumière et contribue à l’appauvrissement de l’eau en oxygène affectant la vie aquatique. Les tapis denses de jacinthe d’eau peuvent former des barrages, bloquant ainsi l’embouchure de rivières et créant des inondations. Des méthodes de luttes biologiques contre la jacinthe d’eau ont été mises en place avec succès à l’étranger, notamment par l’introduction d’un charançon qui se nourrit des feuilles de cette plante. Il reste cependant à investiguer les impacts sur la biodiversité.

 

Le réseau de contrôle du poisson lion

Un réseau de contrôle (l’OMMM et la DEAL) du poisson lion est en place aux Antilles françaises et fonctionne notamment grâce à l’implication des clubs de plongée. Le poisson lion est une espèce native de l’océan indien et du pacifique sud qui a été introduite accidentellement aux Antilles. Parmi les impacts potentiels du poisson lion, une étude démontre une diminution des colonies de poisson en alimentation à hauteur de 79% sur une période de 5 semaines.

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