La création du bourg est d'abord liée à l’accueil des réfugiés acadiens d'Amérique puis des Alsaciens de Guyane au camp du Champ Flore, entre 1761 et 1792.
Dès 1763, le Champ Flore possède une chapelle desservie par un aumônier venu avec les Acadiens, Monsieur Terminiau.
Le gouverneur d’Ennery fonde une paroisse au Champflore le 30 setembre 1768. Cette chapelle et le camp disparaissent à la Révolution, en même temps que meurent les derniers Acadiens.
Entre temps, les Frères de la Charité se sont installés au Morne Rouge. En 1776 ils « achètent de Monsieur de Valmenière, une habitation de 123 hectares pour y entretenir des bestiaux à l’usage de leur hôpital. Nationalisée en 1792, l’habitation demeure entre les mains du dernier supérieur défroqué puisque, en 1803, une convention est passée entre le directeur général du Domaine et le dernier supérieur des Frères de la Charité adjugeant à ce dernier l’habitation « le Champ Flore » pour neuf années. En 1805, elle semble avoir été vendue.
L’origine du Morne Rouge est aussi militaire : instaurées en quartier vers 1761, les hauteurs de la Roxelane constituent le Réduit de Saint-Pierre contre les attaques étrangères d’abord puis, en 1790 contre les révolutionnaires du Fort Royal. A cette date en effet, le gouverneur de Damas charge le sieur Mollerat d’établir un camp retranché, appelé le Morne Rouge, sur l’habitation Champflore afin de protéger la ville de Saint-Pierre. Le quartier du Champflore se livre alors à l’agriculture vivrière, à l’élevage et à la fabrication du charbon de bois pour approvisionner Saint-Pierre.
En 1820 il n’y a que deux sucreries et en 1882 seule Grand Réduit subsiste comme distillerie, mais trois autres se sont installées entre temps : L’Etage Balisier (actuel Bardury), Château Gaillard et Champflore. Elles emploient des engagés Indiens mais ne survivent pas à 1902. Cependant, après 1929, des petites distilleries réapparaissent, il n’y en a plus en 1960.
Le développement du bourg est finalement du à des considérations climatiques, sanitaires et religieuses: station de "changement d'air" pour la bourgeoisie de Saint-Pierre, camp de repos pour les militaires et sanctuaire de pèlerinage à la Vierge.
Des villas cossues s’alignent sur la route reliant Saint-Pierre à l’Ajoupa-Bouillon au milieu du 19e siècle et sont à l’origine des premières rues.
Dès 1845, une chapelle est édifiée à l’emplacement de l’actuelle église. Elle est dédiée à Notre-Dame de la Délivrande au moment où elle prend le statut de paroisse par arrêté de l’évêque Le Herpeur, en 1851.
En 1868, un vaste sanctuaire accueille les pèlerins de la Vierge de la Délivrande. Le pèlerinage annuel et la maison de Nazareth, où les Filles de la Délivrande accueillent malades et nécessiteux, provoquent un essor de la population paroissiale dans la seconde partie du 19e siècle.
La paroisse est érigée en commune le 11 janvier 1889.
La première municipalité est fauchée avec plus de 800 victimes par la seconde éruption de la Montagne Pelée, le 30 août 1902. Après l’éruption, environ 600 sinistrés sont installés au nord de Fort-de-France. Beaucoup ne sont jamais revenus dans leur commune d’origine, restaurée en 1909.